Les monnaies libres

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J’ai assisté hier soir à une conférence dont j’ignorais absolument tout le contenu. Juste intrigué par l’intitulé: « Les monnaies libres« , car, comme beaucoup j’imagine, je m’interroge souvent sur cette drôle d’invention qu’est la monnaie.

Instinctivement, on est porté à croire que l’argent (qui est un peu la monnaie-roi) a été inventé pour des raisons de commodité. Plus facile que le troc parce qu’il encombre moins que le bœuf qu’on échange, mais surtout parce que l’on peut le thésauriser.

Avec la crise financière, de très bons documentaires et écrits ont circulé sur le système monétaire actuel: qu’est-ce qu’une banque ? Qui créé l’argent ? Pourquoi tout, des Nations aux particuliers, est endetté ? Pourquoi le monde est pourtant si riche ?

Hier donc, cette conférence proposait de vaticiner sur ce qu’allait devenir la monnaie. Le constat de départ, c’est qu’on vit dans un monde où la monnaie est rare. Il faut bien sûr rappeler que dans la plupart des pays, 10% de la population contrôle 70% de la richesse monétaire. 1% en contrôle 40%. Bref, les inégalités se creusent et le système actuel ne parvient plus à redistribuer les cartes.

C’est un peu comme un jeu de Monopoly où, même avec des joueurs de la meilleure volonté et solidarité qui soit, les règles font qu’à la fin… tout le monde meurt. Même le gagnant qui, pour vivre, a besoin que des joueurs tombent sur ses hôtels… C’est aussi ce que l’on appelle la loi Pareto.

C’est Jean-François Noubel qui intervenait, et à qui donc je dois cet exemple du Monopoly, et qui se mouillait à proposer un nouveau paradigme où la monnaie ne serait plus rare mais… suffisante.

Présentation du personnage au passage.
C’est l’un des fondateurs de AOL France. Ce qui revient à dire que c’est l’un de ceux qui a vraiment contribué à amener Internet en France. Son domaine, c’est plutôt l’intelligence collective. Aujourd’hui, il fait conférences et séminaires en marge de ses recherches sur l’intelligence collective. Avec d’autres, ils mettent au point une sorte de package open-source (du code informatique libre et ouvert) pour que tout le monde puisse créer son propre système monétaire.

Vous avez bien lu. Selon lui, très rapidement, les monnaies vont se multiplier. Il y en aura des millions. Je pourrai être sur telle monnaie locale de mon village. Et aussi sur telle vaste monnaie réunissant les centaines de millions de personnes qui souhaitent faire circuler leur argent que dans de la bio, de l’éthique etc.

Bon, on est dans l’utopie. Peut-être. Dans la dystopie. Peut-être aussi. Ce qui est sûr, c’est que l’on ressort de la conférence avec des yeux nouveaux. On se dit que oui c’est possible et imminent. De même que chacun est devenu media, on pourra devenir banque. On pourrait se rapproprier la monnaie.

Un monde s’ouvre. Avec beaucoup de questions. Notamment: « que vont devenir les monnaies d’Etat àComment les Etats vont réagir àOù va passer la violence que contient la monnaie ? »

En tout cas, même si je reste septique, j’avoue être de ceux qui pensent que puisque de toute façon le système actuel est vicié, pourquoi ne pas plonger dans l’inconnu àAprès tout, les SEL fonctionnent très bien dans certains villages, voire certaines villes.

La video de la conférence est déjà disponible.

Voyage au coeur de l’intelligence collective globale. Paris-June 12th from ChristopheDucamp on Vimeo.

Le site TheTransitioner

2 réflexions au sujet de “Les monnaies libres”

  1. « Instinctivement, on est porté à croire que l’argent (qui est un peu la monnaie-roi) a été inventé pour des raisons de commodité. »

    En lisant cela, on est porté à attendre la suite, la révélation de sa véritable origine. « Mais historiquement, on sait que… ». Or je doute qu’on sache, et je doute que ce soit « instinctivement » qu’on fasse l’hypothèse que tu présentes. Cela relève plutôt du raisonnement que de l’instinct, raisonnement qu’on trouve notamment esquissé chez Aristote, Ethique à Nicomaque, V,8.

    Dans la même citation, je peine par ailleurs à cerner la logique de ta distinction entre argent et monnaie, ce qui rend ton billet (!) passablement confus.
    Il est vrai que les dictionnaires ne sont pas plus clairs et que le mot « argent » recèle une évidente ambiguïté.
    Il faut tout de même distinguer l’instrument, qui est une marchandise parmi d’autres mais qui sert d’équivalent universel, et la valeur que représente cette marchandise et dont la somme constitue une certaine richesse ou en tous cas un pouvoir d’acquérir des richesses. La monnaie est la face instrumentale, l’argent est la face qui concerne la quantité de valeur en tant que richesse. L’instrument peut être défectueux ou faux, impropre à représenter la valeur qu’on lui prête, l’argent peut être sale, richesse improprement accumulée, mais l’un ne se dit pas de l’autre.

    Quant au fond de l’article, je dois dire que je suis perplexe. Je suis incapable de me représenter comment cela pourrait fonctionner. Je vois à peu près l’intérêt de monnaies locales, c’est simplement un instrument de protectionnisme, mais je ne vois pas du tout comment on pourrait s’y retrouver avec une prolifération de monnaies libres. La tendance à la dématérialisation de la monnaie semble d’ailleurs aller à l’encontre d’une telle prolifération.
    Ca fait un peu penser aux cartes de fidélité que nous refourguent tous les magasins. T’imagines tu avec 32 monnaies différentes dans ton porte-monnaie ?
    Il faudrait inventer (mais cela n’invente rien) une pièce de monnaie avec écran LCD qui indique en permanence l’équivalence de sa valeur nominale avec tant d’heures de travail d’un enfant chinois. On hésiterait peut-être un peu plus à débourser 50 centimes pour une pissotière. Et on aurait une idée un peu plus précise de ce qu’est la valeur. Un être relatif au delà de toute intelligibilité et en même temps la cristallisation d’une sueur bien réelle.

    Si cela n’a pas un impact sur la manière de comprendre la création de valeur, en tous cas de s’interroger à son sujet, je ne vois pas bien l’intérêt de se « rapproprier » (sic! Grand Robert: « Nettoyer, rendre propre » apparemment au sens littéral) la monnaie.

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  2. Heureusement que la Fée vigilance s’est penchée sur ton berceau !

    Oui ce billet est confus. Il s’agit plus de régurgiter une flopée de concepts que j’ai reçu pour voir si l’écriture fait décanter.

    Pour le « rapproprier », Robert a raison, et le correcteur en ligne est une quiche. Il fallait bien lire « ré-approprier ». Or la propriété, c’est le vol. (De même que la propreté… c’est le viol…).
    Donc les monnaies libres c’est le vol de tous pour tous et par tous !

    Ca va bien finir par décanter tout cela !

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